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 Carnet de Champion [ Michel Robert ]

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Myriam
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Date d'inscription : 26/07/2009
Age : 28

MessageSujet: Carnet de Champion [ Michel Robert ]   Dim 22 Nov - 14:02

CARNET DE CHAMPION







    La détermination



La détermination est un ingrédient indispensable à la réussite. Les chevaux y sont d’ailleurs particulièrement réceptifs. C’est même ce qu’ils respectent en premier lieu lorsqu’ils ont affaire à un véritable homme de cheval.
La détermination s’entretient et se travaille selon les mêmes principes que l’éducation d’un cheval. C’est-à-dire en commençant par le plus simple… pour ne pas se « casser » le moral. Quel que soit l’objectif, la première chose à faire est donc d’établir un plan de travail, comme les figures imposées d’une reprise de dressage. On passe à tel endroit, à telle vitesse, à tel moment, jusqu’au bout, sans excuses. Cette discipline s’applique à tout, que ce soit sur un parcours d’obstacles ou dans la vie de tous les jours. Bien sûr, les embûches, les désillusions, les échecs sont nombreux. Mais plus vous leur donnerez d’importance, plus ils se multiplieront. N’oubliez jamais que le plus grand ennemi de la détermination est notre tendance à nous laisser mener en bateau par les pensées négatives : « Je suis nul.. je n’y arriverai jamais… etc… etc. ». Vous avez le choix : soit vous parvenez à dominer votre discours intérieur, soit c’est lui qui vous domine. D’ou l’intérêt d’avoir une détermination suffisamment forte pour croire en votre plan jusqu’au bout, envers et contre tout… tous.

Prenez des résolutions. Tenez bon et répéter encore et encore ! Comme pour la reconnaissance d’un parcours, plus le film est clair, plus vous anticipez, moins vous laissez de place au « trou noir » , plus vous fermez la porte aux pensées négatives. Même si personne n’est capable de les éliminer à 100% , plus vous serez déterminé, moins vous laisserez la place aux doutes, aux suppositions, aux ragots, aux peurs… à tout ce qui détourne l’énergie de l’objectif visé.
En début d’année, de mois ou de semaines, n’hésitez pas à écrire noir sur blanc vos objectifs : « Cette année, je souhaiterais faire 50% de sans faute… ce mois ci, je vais apprendre à utiliser mon regard panoramique… faire des changements de pieds au temps… apprendre le reculer à mon cheval… aujourd’hui, je me concentre sur mon tracé… ». Bien sur, il faut savoir respecter, et accepter un certain timing : le court, le moyen, et le long terme. Il est certain que si vous vous fixez comme objectif de participer aux championnats du monde, il serait bon de prévoir des paliers : faire des parcours sans faute, puis être dans les trois premiers aux championnats régionaux et ainsi de suite… Tout le monde a besoin de sentir la progression, mais pour autant, ne vous focalisez pas sur l’objectif final au détriment des actions à mener au jour le jour.
A un journaliste qui demandait à un coureur cycliste comment il avait réussi l’ascension d’un vertigineux sommet, ce dernier répondit : « Mes seules pensées étaient pour le coup de pédale du moment présent. Si je m’étais mis à penser à tout le chemin qu’il me restait à parcourir, j’aurai certainement craqué bien avant le sommet. »
Ne l’oubliez jamais : avant l’arrivée, il y a les étapes, les paliers. L’important est, certes, de bien savoir où l’on veut aller, mais il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puissent être décomposées en petites tâches faciles. Si on prend l’exemple d’une combinaison, le mieux est de considérer chaque obstacle isolément : l’abord du 1, puis le saut, puis l’abord du 2, le saut, l’abord du 3, etc… Ne pas se focaliser sur l’objectif qui consiste à sortir sans faute du triple et ceci au détriment des gestes à accomplir dans l’instant présent : sauter le 1, le 2, puis le 3. D’ailleurs, ceux qui font le moins de fautes dans les combinaisons sont ceux qui mettent le plus de temps à les sauter.



[ Michel Robert ]




    Même l’erreur fait progresser



Personne n’est content de faire des erreurs. Elles ont pourtant tellement à nous apprendre !
Le plus difficile, c’est que nous avons tous la fâcheuse tendance à mettre en jeu notre égo, que ce soit dans l’échec ou dans la réussite. Nous nous identifions trop facilement à un résultat, bon ou mauvais. Nous l’avons vu, entre un parcours à 4 points et une victoire, nous sommes toujours la même personne avec nos défauts et nos qualités. De même, ce n’est pas parce que ma séance de travail s’est mal passée que je dois me sentir inférieur. Prendre objectivement les erreurs en considérations est la meilleure façon de faire changer les mauvaises habitudes. Les erreurs sont comme des batailles à gagner. Pour les surmonter, nous devons faire preuve de ténacité… de détermination, justement. L’erreur est de ce dire : « De toute façon, je suis comme ça… je ne sais pas faire autrement… moi je fais toujours comme ça… ». Mieux vaut remplacer ce schéma de pensée par : « Dans un jour, une semaine, un mois… j’y arriverai ! »
Nous avançons en nous appuyant sur nos progrès passés. Ce sont eux qui nous donnent l’énergie pour continuer et persévérer. Ainsi celui qui ne progresse pas, régresse et finit souvent par abandonner.
Pour apprécier vos progrès, il est donc nécessaire de prendre vos erreurs en considération… sans en faire une fatalité. C’est un des secrets de la réussite des grands champions.



    Sans peur et sans reproche



La plupart des difficultés rencontrées par les cavaliers proviennent de l’inquiétude. C’est l’un des plus grands handicaps pour tous, quel que soit le niveau équestre : peur de ne pas y arriver, de se faire embarquer, peur de s’écraser dans le triple, peur de rentrer bredouille de concours…
Et parmi toutes ces peurs, l’appréhension du jugement des autres est l’une des plus répandues : peur des réactions de la famille, peur de décevoir l’entraineur, peur de ne pas être sélectionné, peur de se faire retirer son cheval, peur du public…
Gardez à l’esprit que la peur ne permet pas d’éviter le danger. Au contraire elle le favorise. A l’abord des obstacles, par exemple, beaucoup de cavaliers inquiets ont tendance à multiplier les actions parasites : peur de voir le cheval s’arrêter, peur de se faire embarquer, peur de faire une faute, de ne pas être sur la bonne foulée… C’est ainsi qu’en réaction à leurs peurs, ils créent eux même le désordre… et voient se produire la situation qu’ils voulaient justement éviter.
On peut définir la peur comme un sentiment d’anticipation, une projection de l’esprit. Ce n’est pas la réalité du présent qui est perçue comme dangereuse mais la pensée de ce qui pourrait se produire dans l’avenir.
Même si la peur est une défense naturelle destinée à nous protéger, sa dimension subjective est souvent un handicap pour agir, une pollution émotionnelle. « J’étais sûr que ça allait arriver ! ». Voilà une remarque qui revient souvent dans la bouche de ceux qui se sont laissés dominer par leur mental. Dès lors, comment faire abstraction de ce cortège d’inquiétudes, de stress, parfois même de terreur ??
Face à une difficulté, la règle de base est de chercher à dominer la situation plutôt que de la laisser vous dominer. Pour cela, commencez par prendre conscience de votre inquiétude pour l’analyser objectivement. « Ma peur est-elle justifiée ou non ?? ». Si elle est inutile ou « hors sujet », balayez-la de votre esprit très rapidement. Si au contraire, vous estimez qu’elle est justifiée, utilisez la visualisation mentale. Cela consiste à imaginer l’exercice réussi : l’obstacle franchi, le parcours sans faute, la coupe entre vos mains… Répétez-vous en permanence : « Je peux y arriver, je suis capable de… ».

Le coach a une importance capitale dans cette démarche. Si son rôle est de donner des conseils techniques, il est aussi là pour vous accompagner mentalement. La règle de base est que la situation, l’exercice, le niveau d’épreuve… soit à la portée de l’élève. Pour s’en assurer, le coach ne doit donc pas hésiter à demander : « Est-ce que tu te sans capable de sauter cet obstacle ?? ». Si la réponse de l’élève est négative ou ambiguë, c’est qu’il n’est pas capable de visualiser l’exercice réussi. Dans ce cas mieux vaut « redescendre » le niveau de difficulté.
Avec mes élèves je passe de plus en plus de temps à travailler sur l’élimination de l’inquiétude. A mon sens, les défauts de fonctionnement, d’assiette ou autres sont essentiellement dus à l’appréhension. Sans décontraction mentale et physique, il est donc totalement inutile de travailler sa position pendant des heures.
D’où l’intérêt de ne pas attendre d’être à cheval pour s’entrainer à cette gymnastique de l’esprit qui consiste à faire le tri dans ses pensées. Comprendre ce qui est vraiment utile à l’instant présent et ce qui relève de la pollution de l’esprit. Nous l’avions vu dans mon premier livre, l’important est de prendre conscience des pensées négatives pour les remplacer par les images opposées : remplacer l’ambulance par la coupe, le refus par le saut réussi…
Remémorez vous le nombre de fois ou vous vous êtes fait du souci pour rien. Je crois qu’il s’agit souvent d’un manque de lucidité.
Les cavaliers inquiets sont, en fait, centrés sur leur peur, et ceci, au détriment du ressenti et de la connexion avec leurs chevaux. Ils deviennent ainsi incapable de réagir à bon escient. Un simple changement de rythme à l’abord d’un obstacle peut se matérialiser dans leur esprit par un refus ou une chute. Au départ, il ne s’agissait pourtant que d’une sensation, d’un signal leur indiquant : « Là, il faut retrouver ton galop de référence… retrouver ta position.. ». C’est tout !!
Donc, si je ne m’imagine pas la conséquence d’un cheval qui accélère devant un obstacle, je vais simplement constater le changement de rythme et me servir de mes compétences techniques pour que mon cheval reste dans sa cadence initiale. Et d’ailleurs 99% de chances pour que tout rentre dans l’ordre et que l’obstacle soit franchi dans le calme.

On peut également ajouter que le cavalier a d'autant plus intérêt à maitriser ses pensées que les chevaux sont à l'affut des signaux de danger émis par les humains. L'hyper-émotivité est, en effet, inscrite dans les gènes des animaux de proie. Pour le cheval, la peur est donc une défense naturelle.
Il suffit d'observer un troupeau de zèbres ou d'antilopes dans la savane. Certains individus sont aux aguets tandis que les autres broutent tranquillement. Lorsqu'un bruit ou un mouvement est perçus aux alentours, tout le monde lève la tête en direction des guetteurs : « Dois-je fuir ou non?? » Si les guetteurs ne réagissent pas, le troupeau se remet à brouter. mais si leur attitude confirme la présence d'un prédateur, c'est la débandade. Le cavalier assume, en quelque sorte, ce rôle de guetteur.
C'est lui qui donne le signal de la fuite. S'il reste impassible, le cheval est rassuré. Si au contraire, il s'agite ou se contracte, c'est le signal qu'il faut prendre la fuite, s'arrêter devant l'obstacle, mettre un coup de cul, changer de direction... tous les moyens sont bon pour échapper au danger. La réaction du cheval est d'ailleurs immédiate et déconnectée de toute analyse et de tout contrôle. Pour schématiser, le capteur de danger donne l'ordre aux muscles d'agir sans passer par le cerveau, comme une sorte de mouvement réflexe.
A l'inverse, si le cheval n'a pas la confirmation de la présence d'un danger par son cavalier, il est instantanément rassuré. D'ou l'intérêt pour nous, de contrôler notre mental et surtout de perdre l'habitude de réagir sans avoir analysé la situation.







    La forme… sinon rien !



Lorsqu’un cheval intègre mes écuries, je commence, avant toute chose, par évaluer sa condition physique. Avoir un cheval en forme, avec une base minimale de musculature, est pour moi un préalable à tout travail sérieux sur le plat et à l’obstacle. Aussi, je commence par consacrer 1 à 2 mois à sa mise en condition. Un cheval en forme doit être capable de supporter des séances d’une heure de travail par jour sans souffrir de courbatures ou de raideurs le lendemain.
Cette mise en condition sera, bien entendue, modulée en fonction de l’âge et des objectifs visés pour sa carrière sportive.
A mon sens, jusqu’à la fin de son année de 8 ans, un cheval n’a pas complètement achevé son développement physique. Ce n’est qu’à partir de 9 ans, âge à partir duquel on peut le considérer comme adulte, que l’on pourra se permettre d’être réellement exigeant avec lui.
A l’inverse, contrairement à certaines croyances, il est important d’entretenir la forme de son cheval par des exercices d’assouplissement et de musculation, tout au long de sa vie.. y compris jusqu’à un âge avancé. Considérer que, passé l’âge de 10 ans, le physique d’un cheval ne peut plus évoluer est une idée préconçue et malheureusement largement répandue dans le monde de l’équitation. L’expérience m’a montré mainte fois que même un cheval de 17 ou 18 ans peut encore parfaitement s’améliorer.

Bien sûr, selon leur taille, leur modèle, leurs origines ou la manière dont ils ont été élevés, les chevaux sont plus ou moins précoces. Un cheval d’1m70, un peu dégingandé, sera mis au travail plus tardivement qu’un petit cheval compact d’1m60. De même, les chevaux arabes ou les poneys sont plus précoces que les grands chevaux allemands.
Il est donc important de tenir compte d’un ensemble de paramètres avant d’entreprendre un travail de mise en condition physique.
Pour les chevaux âgés de 3 à 7 ans, la priorité sera donnée à la mise en condition la plus respectueuse possible de leur dos. Tant qu’ils n’auront pas la musculature suffisante pour supporter sans risque un cavalier au galop sur une volte de 10 mètres e diamètre, il faudra rester très vigilant quant au travail demandé.
La mise en condition physique du jeune cheval doit s’appuyer principalement sur un travail en extérieur monté ou en longe, de manière à libérer ses mouvements du poids du cavalier. Il est, en effet, toujours préférable de le laisser travailler ses muscles et ses articulations, indépendamment du cavalier ou du dresseur.

A ce propos, je reste persuadé que le travail à la longe sur terrain varié est le plus approprié. Et ceci à des allures lentes, au pas ou au trot, pour donner la cadence et privilégier la symétrie du mouvement. On cherchera un maximum de relâchement de l’encolure vers le bas pour favoriser l’étirement et la musculation du dos. L’effort de propulsion entretient et développe la musculature des cuisses, de la croupe, du dos et, progressivement, des épaules.

[…]





    Le travail à la longe



Le travail à la longe occupe une place très importante dans la préparation de mes chevaux. Je pense que la connexion avec le cheval doit commencer à pied. Chacun prend conscience de l’autre, libéré de la dépendance physique… et aussi des interférences induites par le travail monté. Prendre le temps de travailler à pied, vous permettra de développer un autre type de relation avec votre cheval : plus subtil, plus intuitif et surtout plus enrichissant pour votre équitation.
C’est à pied que le cavalier pourra être le plus réceptif aux signaux physiques et mentaux en provenance du cheval : un fouaillement de queue, une expression dans le regard, une façon de bouger, une contraction de telle ou telle partie du corps… En selle, ces signes échappent souvent à l’attention des cavaliers, trop accaparés par des considérations purement équestres.
Le travail à la longe peut se pratiquer en terrain varié, en montée et en descente, en respectant la sécurité et le confort du cheval. Il ne se limite pas non plus au travail sur le plat ou à la simple détente comme le pratique la majorité des cavaliers. La préparation à l’obstacle peut aussi être envisagée à partir d’un travail à pied. Personnellement, j’utilise toute une panoplie d’exercices sur des dispositifs de barres au sol ou de cavaletti. Je vous invite à les expérimenter avec votre cheval. L’intérêt est de l’inciter à prendre conscience de son corps et plus particulièrement de l’endroit ou il pose ses pieds. Pour les cavaliers, c’est l’occasion de mettre à l’épreuve leur niveau de connexion avec le cheval. En longe, sur un cercle bien défini, être capable de faire respecter une cadence, un tracé précis à l’abord, sur les barres et à la réception des obstacles est, à mon sens, la base du travail du cheval.







    Les enrênements… apprenez à vous en passer !







Durant ma carrière de cavalier, j’ai testé tous les enrênements possibles et imaginables. Aujourd’hui, je ne les utilise plus du tout. Dans la plupart des cas, leur utilité se limite à masquer l’incompétence ou l’inexpérience du cavalier. Malheureusement, comme avec les médicaments, les effets indésirables peuvent être redoutables.
Un enrênement doit, dans tous les cas être suffisamment long pour ne pas inciter le cheval à s’y opposer. Vouloir le figer artificiellement dans une certaine position va totalement à l’encontre de l’assouplissement recherché et même si c’est flatteur pour la photo, au final personne n’en tire aucun bénéfice. C’est même une source de grande souffrances pour les chevaux qui, privés du balancier de leur encolure, n’auront plus aucune chance de travailler dans le relâchement.
Pour faire progresser un cheval, rien ne remplacera l’assouplissement des postérieurs et du dos. On ne le répètera jamais assez : 90% des forces vives du cheval sont derrière vous. Se préoccuper uniquement de l’avant main, est donc une véritable hérésie.
Si on peut envisager l’utilisation d’enrênement à petite dose pour mettre en confiance un débutant sur un cheval trop frais, il ne peut s’agir que d’une solution provisoire. Dans ce cas, je conseillerais la martingale fixe. L’avantage étant qu’elle agit sur le chanfrein et non sur la bouche, ce qui en limite les contre-indications. Elle doit en revanche être réglée par une personne compétente qui devra s’assurer que le cheval conserve une liberté de mouvement suffisante, notamment à l’obstacle.




    Le regard perpendiculaire



Mon enseignement s’appuie très largement sur l’utilisation du regard. Il en a d’ailleurs été beaucoup question dans mon premier livre. Depuis, un très grand nombre de cavaliers et d’enseignants en ont testé tout l’intérêt et ont constaté à quel point il était possible de progresser simplement en prenant conscience de leur regard.
Certains éprouvent encore quelques difficultés à « défocaliser » leur mental de leur objectif. La tendance à vouloir aller « droit au but » est, en effet, un défaut largement répandu quels que soient la discipline ou le sport. Il en va de même dans la vie courante… A cheval, aller « droit au but », c’est focaliser son attention sur l’obstacle à sauter, la ligne d’arrivée, aller à droite, aller à gauche… et en oublier tout le reste : la cadence, la position, le contrôle.. les ingrédients de la réussite devenant ainsi complètement secondaires.
Le secret de la réussite, c’est justement d’être capable de diriger son énergie sans idée préconçue sur le résultat escompté. Prenons l’exemple d’un joueur de tennis. Son objectif est de renvoyer la balle de l’autre côté du filet mais, c’est bien la précision de son geste qui lui permettra le bon placement de la balle. Bien sur que nous devons programmer nos actions à l’avance : la balle derrière le filet, le cheval derrière l’obstacle… mais il s’agit de mettre en place les moyens d’y parvenir : préparer, demander et laisser le mouvement s’exécuter.
Dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, la flèche doit être lâchée à l’instant précis ou l’archer passe au galop devant la cible. Cette dernière sera atteinte si le cheval est droit, le cavalier en équilibre et dans une position parfaite. Ce n’est que lorsque tous ces paramètres sont en place que l’archer peut laisser partir sa flèche, comme s’il était extérieur à l’action.
Il existe un moyen très simple de déconnecter son mental de l’objectif, c’est le regard perpendiculaire.
Regarder perpendiculairement à l’axe du tracé, c’est-à-dire à droite ou à gauche, permet au cavalier de retrouver ses sensations
parce qu’il n’est plus perturbé par les images perçues par son regard. Une peu comme s’il fermait les yeux. Cela permet une sorte d’introspection, un isolement momentané favorisant un retour sur soi-même et au final la connexion avec le cheval. L’idée est de faire abstraction des éléments perturbateurs extérieurs à l’action du moment.
La méthode est d’une efficacité redoutable à l’abord des obstacles. L’effet positif sur la qualité de la position et la stabilité du cavalier est incontestable.
Pour les sceptiques, une seule solution : essayez ! Avec un même cheval et toujours au même endroit, faites l’exercice suivant : demandez une transition descendante d’abord avec un regard focal et ensuite avec un regard perpendiculaire. Notez la différence. L’efficacité du regard perpendiculaire est sans appel : le corps s’assouplit, le mental lâche prise et le cavalier laisse passer le mouvement.
Avec des cavaliers très raides et crispés, la transformation est remarquable. Le regard perpendiculaire leur permet de retrouver instantanément la souplesse, le relâchement indispensables à la bonne circulation de l’énergie et à la connexion avec le cheval.
L’exercice est également très profitable à tous ceux qui ont tendance à perdre le contrôle de leur chevaux à la réception des obstacles, et ceci plus particulièrement lorsque le problème provient d’un défaut de position qui perturbe le cheval. Dans ce cas, le fait de regarder perpendiculairement à l’obstacle durant toutes les phases du saut : abord, saut et surtout réception, permet de retrouver instinctivement la bonne position et les conditions nécessaires à un meilleur contrôle du cheval.

L’idéal encore une fois est de commencer à l’entrainement, sur de petits obstacles avec des distances justes.
Dans bien des situations, la méthode du regard perpendiculaire peut s’avérer un véritable remède miracle. A condition de la pratiquer avec détermination et d’en faire une habitude tant que les problèmes n’ont pas disparu. A chaque alerte : déséquilibre du cheval ou du cavalier à l’abord, manque de contrôle à la réception, cheval qui tire ou charge dans les barres… le cavalier doit avoir le réflexe de regarder à droite ou à gauche.
Bien sûr, il s’agit d’un exercice, mais il fait partie de la panoplie des solutions à tester dans différents contextes et surtout à l’entrainement. Lorsque vous serez familiarisé avec cette manière de faire, il vous suffira simplement de tourner le regard à droite ou à gauche, sans nécessairement tourner la tête, pour en apprécier toute l’efficacité.







    Le pouvoir de l'image mentale



Changer les habitudes, c'est d'abord être spectateur de son mental. Le corps sera libre d'effectuer un mouvement si le mental est libre. L'enseignement classique donne des solutions qui passent avant tout par le physique : « Met tes jambes comme ci... tes mains comme ça... recule tes pieds... Redresse toi... ». Nous l'avons déjà vu, toutes ces formules, un peu toutes faites sont trop difficiles à faire appliquer et ne sont pas vraiment comprises par le cavalier.
En fait, une posture doit avant tout être ressentie intérieurement. Si, par exemple, un cavalier a tendance à mettre ses épaules devant dans les abords, vous avez deux solutions pour corriger son défaut:

La formule classique : « Redresse ton dos... ferme tes doigts... dé- stresse... relâche toi... tes épaules derrières... tes jambes... tes mains... »
La formule simple et rapide : « Imagine que tu vas aborder un énorme vertical à 1m50 ». Quitte à mettre le vertical en place et à faire comme si vous alliez le sauter !
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